Nous vivons plus longtemps, et nous devons nous en réjouir. Pourtant cela soulève également une question que de plus en plus de Canadiennes et Canadiens commencent à se poser en silence : que se passe-t-il si je vis plus longtemps que prévu?

Cette question n’est pas dictée par la peur. Grâce aux progrès constants de la médecine et un regain d’intérêt pour des modes de vie plus sains, la longévité devient de plus en plus accessible. Le débat se déplace de la question de la durée de vie des clients à celle de leur qualité de vie au fil du temps.

Le rôle des soins à domicile au Canada

Les soins à domicile jouent un rôle de plus en plus important au sein du système canadien à mesure que la population vieillit. Ce n’est pas seulement une question de soins médicaux. Il s’agit de préserver l’autonomie, la dignité et la qualité de vie des personnes, tout en contribuant à alléger la pression sur un système déjà à bout de souffle.

Pour de nombreux professionnels de la finance, la question dépasse le simple cadre de la théorie. Vous le vivez peut-être de près dans votre propre famille ou avec vos clients.

Ma mère a 93 ans et vit dans une résidence. Elle est encore largement autonome, mais elle se fait aider, et cette aide a un coût. Ce coût est actuellement supportable, mais comme de nombreuses familles, nous savons que ses besoins et ses dépenses en soins devraient augmenter au fil du temps.

La longévité change le débat sur la planification

Cette situation met en lumière un aspect de la planification de la retraite que l’on tend à sous-estimer, en l’occurrence l’incidence financière d’une durée de vie plus longue. La longévité est un don, mais elle fausse la donne.

La retraite est souvent perçue comme une période définie, mais en réalité, elle peut s’étendre sur 25, 30, voire 35 ans. Les dernières années de vie peuvent également être parmi les plus coûteuses sur le plan financier, non pas en raison du choix de style de vie, mais en raison des besoins en soins.

Selon l’Institut canadien d’information sur la santé, un nouveau résident en soins de longue durée sur dix aurait pu être pris en charge à domicile par un préposé aux soins de soutien à la personne[1]. Cela signifie qu’il y aurait des possibilités pour les clients de rester chez eux plus longtemps, mais cela pourrait entraîner des coûts supplémentaires.

Le coût de vivre chez soi

De nombreux clients préfèrent de loin rester chez eux aussi longtemps que possible. L’autonomie, la familiarité et le contrôle sont profondément chéris. Parallèlement, le maintien de cette autonomie s’accompagne souvent de conséquences financières.

Les soins à domicile, qu’il s’agisse d’aide pour les repas, la mobilité ou le soutien médical, peuvent rapidement devenir coûteux. Bien que certains services soient financés par des fonds publics, beaucoup ne le sont pas, ou alors sont d’une portée et d’une disponibilité limitées. C’est souvent à ce niveau que les familles interviennent.

De plus en plus, cela signifie que les enfants adultes, dont beaucoup peinent à concilier leur carrière et leurs propres responsabilités financières, doivent assumer des rôles de personnes aidantes. Voilà un élément qui n’est pas toujours pleinement pris en compte dans les discussions de planification.

Les coûts des soins de santé à la retraite ne sont généralement pas non plus constants. Au début, les clients peuvent vivre avec un soutien minimal, mais les besoins en soins peuvent devenir plus fréquents, complexes et coûteux avec le temps. Ces dépenses peuvent rapidement compter parmi les plus importantes pendant les dernières années de vie.

La résidence comme ressource potentielle

Dans cette optique, il n’est pas surprenant que certains clients commencent à considérer leur résidence comme une source potentielle de financement.

Pour de nombreux Canadiens et Canadiennes, leur résidence est leur principal actif. C’est là qu’ils ont accumulé de la valeur au fil des décennies, souvent sans en tenir compte explicitement dans leur stratégie de revenu de retraite. La possibilité de tirer parti de cette valeur devrait désormais faire partie du débat.

Des options telles que la réduction de la taille de la résidence, l’accès à une marge de crédit ou un prêt hypothécaire inversé peuvent aider à libérer des flux de trésorerie sans nécessiter un déménagement immédiat. Ces solutions ne conviennent pas à tout le monde et comportent des coûts et des compromis, y compris d’éventuelles répercussions sur la valeur du patrimoine.

Cependant, certains clients peuvent y trouver une flexibilité et une capacité accrue de financer leurs soins tout en restant plus longtemps chez eux.

Déplacer le débat

C’est souvent à ce niveau que la discussion passe des chiffres à la perspective. De nombreux clients ont toujours considéré leur résidence comme un bien à préserver pour le transmettre à la prochaine génération. À mesure que les besoins en soins évoluent, il peut être utile de remettre les choses en perspective.

Une résidence peut également être une ressource qui peut soutenir le bien-être, l’autonomie et la qualité de vie du client. Vous pouvez jouer un rôle important dans ce sens en aidant les clients à explorer ces options, sans pression.

Soutenir les clients pendant des années de retraite plus longues

Il est indéniable que les conseillères et les conseillers consacrent beaucoup de temps à aider leurs clients à préparer leur retraite. Vivre plus longtemps soulève de nouvelles préoccupations, mais présente également de nouvelles possibilités.

Pour de nombreux clients, l’objectif va au-delà de la longévité. Il s’agit de bien vivre, de profiter de sa retraite et de préserver sa dignité, son autonomie et sa capacité à subvenir financièrement à ses besoins.

C’est là que votre expertise, en tant que conseillère ou conseiller de confiance, devient précieuse.

Si vous recherchez des façons d’aider vos clients à gérer leur longévité et les coûts des soins, veuillez communiquer avec votre DDA de la Banque HomeEquity pour participer à la conversation!

Pattie Lovett-Reid 
Chroniqueuse en chef des finances
Banque HomeEquity


[1]Nouveaux résidents en soins de longue durée qui auraient pu recevoir des soins à domicile | ICIS.